Dialogues en poésie

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Dialogues en poésie

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La Fabrique Centre d’Art

84 Views • Feb 04, 2026

Description

Dans ces lectures, il y a l’idée de lire les textes des poètes dans leur langue d’origine, leur langue maternelle. Donc en prévision de la lecture d’aujourd’hui je me suis mis à la recherche de textes en langue maternelle pour Etel Adnan et pour Patrick Chamoiseau, une recherche du texte originel, du texte princeps. Et je comprends très vite que ces deux poètes ont des langues maternelles-fantômes.
Etel Adnan est née en 1925, au Liban, d’une mère grecque chrétienne et d’un père turco-syrien musulman, et ni l’un ni l’autre ne lui apprendront leur langue maternelle. Elle sera scolarisée dans un couvent français, et fera toutes ses études, jusqu’à la Sorbonne, dans cette langue. Dans les années 60, elle abandonne le français pour adopter « l’anglo-américain », précisait-elle, et s’installe en Californie. Après ses 80 ans, elle « adopte » la peinture et dira : « j’ai écrit en français, j’ai écrit en anglais, mais je peins en arabe ». Ses textes, même les plus connus dans le monde arabe, sont en fait des traductions du français ou de l’anglais.
Pour Patrick Chamoiseau, né en 1953 en Martinique, sa langue maternelle est le créole. Il s’impose comme écrivain et poète en langue française, de langue française. Pour caractériser son rapport aux deux langues, il faut citer un texte de lui écrit en hommage à Saint John Perse : « Perse, vous aviez deux langues. Deux langues maternelles : la langue créole, la langue française. Alexis Léger ne retiendra que la langue française. Le Poète…utilisera la matrice de la langue délaissée… une langue matricielle. »
Donc pour Etel Adnan, au moins une langue-fantôme (l’arabe ? Le grec ? le turc ?). Pour Patrick Chamoiseau, le créole. Essayons d’entendre ces langues-fantômes sous les textes en langue française.
Hocine Tandjaoui