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pièce blanche

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pièce blanche

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Thierry Cauwet

1 Views • Apr 13, 2017

Description

réalisé en 1978.

Pièce blanche et l’homme rouge

Dans Pièce blanche, redondance dans le sens d’une création d’un espace de création (le parc). Le personnage est à la fois le démiurge (on dirait qu’il «crée» l’espace du parc, qu’il lui donne âme par diverses manipulations) et l’objet créé par le parc (il sort du parc comme d’un espace matriciel). L’ensemble de la cérémonie a quelque chose de virginal, d’une naissance. C’est la première vidéo que je réalise. Il y a une double naissance: naissance d’un espace sacré (la pièce blanche est ici symbolisée par la redondance du parc vide) et la naissance de moimême au sacré (thème repris dans les vidéos suivantes, L’accouchement et Dédoublement ). Le rapprochement des titres de la première vidéo Pièce blanche et de la sixième vidéo L’homme rouge me semble évocateur: l’accent est mis sur l’espace dans la première, dans l’autre en revanche c’est du corps dont il est question. Elles sont étrangement liées. Dans L’homme rouge, le parc a disparu, nul objet n’est possible, le contact avec l’energie est direct. Le corps est écorché, directement en contact avec l’espace. «L’énergie est la seule vie, et elle est du corps, et la raison est la limite ou la circonférence qui entoure l’énergie.» (William Blake, Le mariage du ciel et de l’enfer) La structure de l’espace dans Pièce blanche est en anneau, c’est-à-dire avec constamment ce trou de vide centre qui appelle à lui toutes les énergies du cosmos. Le corps circule dans l’anneau, entre deux vides, l’intérieur et l’extérieur. Puis il pénètre le centre. Très proche d’Astérios, renaissance initiatique du «regressum ad uterum». Enfin il ressort de ce centre et retourne dans l’anneau tout en allant se coller à sa paroi extérieure, vers le vide extérieur de l’anneau. L’homme rouge au contraire est un cercle et on y sent l’absence de protection. La chair est à vif. L’homme se projette sur les parois de l’espace comme pour disparaître dans le vide ou vient frapper le sol de l’espace comme s’il y cherchait un centre absent, la possibilité d’un vide intérieur à l’espace. C’est la matière pleine et douloureuse, chargée d’une énergie centripète et centrifuge.Mais il me semble que cette vidéo se devait de suivre Pièce blanche, qu’elle en est en quelque sorte le complément nécessaire. La première fut création d’un espace sacré. La seconde fut le pas en avant, l’appropriation de cet espace sacré, son INCARNATION. C’est le corps créé, sans subterfuge, sans possibilité de créer lui-même, de repousser le problème de la matière. C’est le corps subi comme inévitable, douloureux par excès de vie. Comme un gland gonflé de sang.

Thierry Cauwet (1980)