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Irak : les enfants de la résilience
2 Views • Dec 26, 2014
Description
L’Unicef a déclaré 2014 “année dévastatrice” pour des millions d’enfants pris au piège de conflits à travers le monde. Parmi eux, des petits Syriens de moins de 5 ans. Déplacés en Irak, ils ont grandi avec comme seuls repères la guerre, la violence et l’exil, perdant tout sentiment de normalité.
Jeffrey Bates, directeur de communications, Unicef, Irak :
“Ce qui pour nous est une urgence, une crise, pour eux, c’est normal. Pour eux, ce qui est étrange, c’est la vie normale. Ce que l’Unicef et ses partenaires cherchent à faire, c’est créer une vie normale. Un camp ne sera jamais une maison, mais si ces enfants peuvent avoir des endroits où jouer, aller à l’école, s’ils peuvent être avec leurs amis, leurs familles et simplement être en sécurité, cela leur aidera pour continuer à grandir.”
Voir leurs enfants s‘épanouir, c’est le voeu le plus cher de ces réfugiés irakiens de la minorité yézidis. Une utopie aussi. “Il n’y a pas d’avenir pour nos enfants… Et pour nous non plus estime ce père de famille. Les jihadistes contrôlent encore de nombreuses régions tout autour, alors on ne peut pas penser à l’avenir. Il est incertain.”
L’avenir, qui passe aussi par la scolarisation des enfants, mais ici c’est impossible
Raphaële Tavernier:
“Juste en face de moi, il y a une école, réellement collée à ce camp de réfugiés. Une école à laquelle ces enfants yézidis n’ont pas accès, car ici les cours sont réservés aux enfants d’Erbil en priorité, mais aussi car ils sont dispensés en anglais et en kurde et que ces réfugiés ne parlent que l’arabe”.
Même constat dans ce camp de réfugiés chrétiens. Il manque actuellement près de
4 000 places en primaires et plus encore en collège et lycée pour les seuls enfants des familles chrétiennes. Sans école et loin de chez eux, les journées sont longues pour ces enfants déracinés. Et les activités dispensées par les ONG ne suffisent pas à égayer leur quotidien.
“Avant, on avait notre dignité, notre maison, notre école. A Bachika, c‘était pas comme ici. Ici on n’a rien du tout” dit Youssef. Savio est d’accord : “On vivait mieux avant. Au moins on avait des écoles, on vivait dans la prospérité. Qu’est ce qu’il y a ici ? Il n’y a rien du tout, on ne fait rien”. “Je veux rentrer chez moi, retourner à Bachika”, ajoute Zina.
Lueur d’espoir en cette période de fête, la première école en préfabriqué a ouvert le 11 décembre dernier dans le quartier chrétien d’Ankawa à Erbil. Un bâtiment qui fait partie d’un programme d’aide aux réfugiés mené par l’Aide à l’Eglise en Détresse (AED). Au total, 8 écoles réparties entre Ankawa et la ville de Dahuk doivent être installées et opérationnelles d’ici la fin janvier.
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