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Hollande-Sarkozy, ennemis et... complices
Description
Dominique de Montvalon, rédacteur en chef au Journal du Dimanche, décrypte l'actualité politique. Cette semaine, il évoque la rivalité entre François Hollande et Nicolas Sarkozy en vue de 2017. Mais n'est-ce qu'une rivalité?
http://www.lejdd.fr/Politique/Francois-Hollande-Nicolas-Sarkozy-ennemis-et-complices-720058
Politiquement parlant, le Salon de l’Agriculture est une boussole. C’est d’abord, évidemment, un rendez-vous chaleureux, nostalgie et avenir mêlés. Mais c’est aussi, oui, une boussole politique.
Trois exemples. Le 23 février 2008, Nicolas Sarkozy, élu l’année d’avant chef de l’Etat et ce jour-là bronchiteux, visite pour la première fois en tant que président le Salon de la Porte de Versailles. Au détour d’un stand, il tend la main à un homme –sauf erreur jamais retrouvé depuis- qui s’écarte comme si son interlocuteur avait la peste et refuse de lui serrer la main. « Casse-toi pauv’ con », lance alors Sarkozy –sans pressentir que son apostrophe (nerveuse et dérisoire) est enregistrée et fera le tour du monde.
En 2013, c’est au tour de François Hollande d’arpenter, pour la première fois en tant que président, les allées du salon de l’Agriculture. Tout se passe bien. Jusqu’à ce qu’un enfant –dont le logiciel, visiblement, n’était pas à jour- demande au nouvel élu : « Mais il est où, Nicolas Sarkozy ? ». Réplique du tac au tac (et assez nerveuse elle aussi) de François Hollande : « Sarkozy, tu ne le verras plus ! »
Ce mercredi 15 février –après François Hollande qui avait inauguré samedi dernier le salon, après Alain Juppé venu la veille et juste avant Marine Le Pen- voici donc Sarkozy de retour dans les allées du salon. Questionné sur la prophétie de François Hollande deux ans avant, il affecte de ne pas se rappeler : « Mais qui a dit cela ? ». Une brève pause. «Encore une promesse non tenue », tranche-t-il, hilare.
Jean-Christophe Cambadélis, dans un tweet, se désole : « Nicolas Sarkozy est obsédé par François Hollande. Il ne parle que de lui et ne se détermine que par rapport à lui ».
Deux remarques. D’abord : la réciproque est vraie. A observer à quel point la gauche, avant 2012 et depuis 2012, parle sans arrêt de Sarkozy. Son « ennemi » préféré. Ensuite, Cambadélis est-il, au fond, si désolé que cela que Sarkozy soit (je cite) « obsédé » par Hollande ?
Les deux scénarios
Tout se passe comme si les deux hommes avaient, en réalité, destin lié.
Si la percée du Front national se confirme ou si l’appétit de renouveau –passerait-il aujourd’hui par Alain Juppé- s’amplifie, Hollande comme Sarkozy auront bien du mal, en effet, à imposer en 2017 leur match-revanche de 2012.
Mais il est un autre scénario.
A gauche, à quoi assiste-t-on ? Au fil des mois, Hollande écarte de son chemin tous les prétendants de gauche à sa succession et affiche sa détermination.
Et à droite, à priori, il n’y a plus qu’Alain Juppé –mais c’est lui aujourd’hui le favori- qui puisse barrer la route à Nicolas Sarkozy.
Donc, l’idée de revoir Hollande et Sarkozy en 2017, si elle est très loin de plaire à tout le monde, devient plausible.
Un Hollande qui se requinque, et c’est Juppé qui a moins d’espace. Tout bon pour Sarkozy.
Un Sarkozy qui se refait, et c’est l’opportunité pour la gauche que l’anti-sarkozysme fonctionne à nouveau –comme en 2012- à son profit.
Reste une question : quand le sol tremble et que la vieille société craque de partout, ces deux crocodiles –sans être irrespectueux- auront-ils, pour désembourber les pays, des idées, des solutions, des pistes ? Car en 2017, pour eux comme d’ailleurs pour tous les autres, ce sera la seule chose qui comptera.
http://www.lejdd.fr/Politique/Francois-Hollande-Nicolas-Sarkozy-ennemis-et-complices-720058
Politiquement parlant, le Salon de l’Agriculture est une boussole. C’est d’abord, évidemment, un rendez-vous chaleureux, nostalgie et avenir mêlés. Mais c’est aussi, oui, une boussole politique.
Trois exemples. Le 23 février 2008, Nicolas Sarkozy, élu l’année d’avant chef de l’Etat et ce jour-là bronchiteux, visite pour la première fois en tant que président le Salon de la Porte de Versailles. Au détour d’un stand, il tend la main à un homme –sauf erreur jamais retrouvé depuis- qui s’écarte comme si son interlocuteur avait la peste et refuse de lui serrer la main. « Casse-toi pauv’ con », lance alors Sarkozy –sans pressentir que son apostrophe (nerveuse et dérisoire) est enregistrée et fera le tour du monde.
En 2013, c’est au tour de François Hollande d’arpenter, pour la première fois en tant que président, les allées du salon de l’Agriculture. Tout se passe bien. Jusqu’à ce qu’un enfant –dont le logiciel, visiblement, n’était pas à jour- demande au nouvel élu : « Mais il est où, Nicolas Sarkozy ? ». Réplique du tac au tac (et assez nerveuse elle aussi) de François Hollande : « Sarkozy, tu ne le verras plus ! »
Ce mercredi 15 février –après François Hollande qui avait inauguré samedi dernier le salon, après Alain Juppé venu la veille et juste avant Marine Le Pen- voici donc Sarkozy de retour dans les allées du salon. Questionné sur la prophétie de François Hollande deux ans avant, il affecte de ne pas se rappeler : « Mais qui a dit cela ? ». Une brève pause. «Encore une promesse non tenue », tranche-t-il, hilare.
Jean-Christophe Cambadélis, dans un tweet, se désole : « Nicolas Sarkozy est obsédé par François Hollande. Il ne parle que de lui et ne se détermine que par rapport à lui ».
Deux remarques. D’abord : la réciproque est vraie. A observer à quel point la gauche, avant 2012 et depuis 2012, parle sans arrêt de Sarkozy. Son « ennemi » préféré. Ensuite, Cambadélis est-il, au fond, si désolé que cela que Sarkozy soit (je cite) « obsédé » par Hollande ?
Les deux scénarios
Tout se passe comme si les deux hommes avaient, en réalité, destin lié.
Si la percée du Front national se confirme ou si l’appétit de renouveau –passerait-il aujourd’hui par Alain Juppé- s’amplifie, Hollande comme Sarkozy auront bien du mal, en effet, à imposer en 2017 leur match-revanche de 2012.
Mais il est un autre scénario.
A gauche, à quoi assiste-t-on ? Au fil des mois, Hollande écarte de son chemin tous les prétendants de gauche à sa succession et affiche sa détermination.
Et à droite, à priori, il n’y a plus qu’Alain Juppé –mais c’est lui aujourd’hui le favori- qui puisse barrer la route à Nicolas Sarkozy.
Donc, l’idée de revoir Hollande et Sarkozy en 2017, si elle est très loin de plaire à tout le monde, devient plausible.
Un Hollande qui se requinque, et c’est Juppé qui a moins d’espace. Tout bon pour Sarkozy.
Un Sarkozy qui se refait, et c’est l’opportunité pour la gauche que l’anti-sarkozysme fonctionne à nouveau –comme en 2012- à son profit.
Reste une question : quand le sol tremble et que la vieille société craque de partout, ces deux crocodiles –sans être irrespectueux- auront-ils, pour désembourber les pays, des idées, des solutions, des pistes ? Car en 2017, pour eux comme d’ailleurs pour tous les autres, ce sera la seule chose qui comptera.
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