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Hollande compte sur sa baraka
Description
Hollande compte sur sa baraka
http://www.lejdd.fr/Politique/Hollande-compte-sur-sa-baraka-779323
Ceux qui ont vécu en décembre 1994 l’extraordinaire émission 7 sur 7 au terme de laquelle Delors, face à Anne Sinclair, lisant des notes de peur peut-être de changer d’avis in extremis, a dit "Non, c’est décidé, je ne serai pas candidat" s’en souviendront à jamais. Auparavant, en effet, Jacques Delors avait été impressionnant dans l’exposé d’un projet réformiste. Tout, du coup, semblait indiquer qu’il allait dire oui. Eh bien ça été non car il a estimé qu’il n’aurait pas les moyens de la politique qui lui paraissait à l’époque s’imposer.
"Je me pose la question de conscience, dit-il aujourd’hui. Est-ce que je me suis donné des arguments pour me défiler ou est-ce que c’étaient de bons arguments?" Et d’ajouter :"Si, un jour, j’ai un éclair qui me vient en me disant ‘Tu n’as pas été très courageux, là’, j’aurais vraiment l’impression d’avoir gâché ma vie".
La "deuxième gauche" au pouvoir avec Delors
Confession typique d’un ex-démocrate-chrétien converti au socialisme. Mais, au-delà, la séquence continue, aujourd’hui encore, d’avoir politiquement du sens. C’est même un tournant de la Ve République. Car si Delors s’était décidé et y avait été, ç’aurait été la première fois sous la Ve République que la "deuxième gauche", comme on dit, aurait accédé en tant que telle, si Delors bien sûr l’avait emporté, aux commandes.
En 1981 en effet, avec François Mitterrand, c’est l’union de la gauche traditionnelle, PC inclus, qui avait gagné, rompant une première digue. Mais à ce jour jamais, puisque Delors ne s’est pas élancé alors qu’Henri Emmanuelli en personne - qui n’est pourtant pas de sa chapelle - lui tendait à l’époque la main, à ce jour jamais encore la deuxième gauche n’a conquis l’Elysée.
Et François Hollande en 2012, dira-t-on? Ce qui est vrai, c’est que Hollande – qui a cheminé au PS sous l’étiquette des "transcourants" - appartient idéologiquement à la deuxième gauche. Seulement voilà : héritant miraculeusement en 2011 du fauteuil de candidat après le suicide politique de Dominique Strauss-Kahn, il s’est avancé en 2012 masqué, jouant (ou tentant de jouer) l’homme synthèse entre les deux gauches que Valls présente aujourd’hui comme "irréconciliables". Et proclamant au Bourget, on s’en souvient, que son ennemi, c’était… la finance.
La "deuxième gauche", ça veut dire quoi? Cela veut dire une gauche sans surmoi marxiste, ardemment pro-européenne, qui croit plus au contrat qu’à l’Etat, qui s’affiche depuis toujours social-démocrate et même réformiste, qui n’a pas peur des "majorités d’idées", qui prend en compte la société civile et qui, au total du total, préfère le progressisme au socialisme.
Et c’est là qu'on retrouve et Delors et Hollande.
En 1995, Delors aurait pu : il n’a pas voulu.
Aujourd’hui Hollande – décidé envers et contre tout à se battre et qui le prouvera en participant, le 14 avril sur France 2, à un "Face aux Français" - le veut, mais le pourra-t-il?
http://www.lejdd.fr/Politique/Hollande-compte-sur-sa-baraka-779323
Ceux qui ont vécu en décembre 1994 l’extraordinaire émission 7 sur 7 au terme de laquelle Delors, face à Anne Sinclair, lisant des notes de peur peut-être de changer d’avis in extremis, a dit "Non, c’est décidé, je ne serai pas candidat" s’en souviendront à jamais. Auparavant, en effet, Jacques Delors avait été impressionnant dans l’exposé d’un projet réformiste. Tout, du coup, semblait indiquer qu’il allait dire oui. Eh bien ça été non car il a estimé qu’il n’aurait pas les moyens de la politique qui lui paraissait à l’époque s’imposer.
"Je me pose la question de conscience, dit-il aujourd’hui. Est-ce que je me suis donné des arguments pour me défiler ou est-ce que c’étaient de bons arguments?" Et d’ajouter :"Si, un jour, j’ai un éclair qui me vient en me disant ‘Tu n’as pas été très courageux, là’, j’aurais vraiment l’impression d’avoir gâché ma vie".
La "deuxième gauche" au pouvoir avec Delors
Confession typique d’un ex-démocrate-chrétien converti au socialisme. Mais, au-delà, la séquence continue, aujourd’hui encore, d’avoir politiquement du sens. C’est même un tournant de la Ve République. Car si Delors s’était décidé et y avait été, ç’aurait été la première fois sous la Ve République que la "deuxième gauche", comme on dit, aurait accédé en tant que telle, si Delors bien sûr l’avait emporté, aux commandes.
En 1981 en effet, avec François Mitterrand, c’est l’union de la gauche traditionnelle, PC inclus, qui avait gagné, rompant une première digue. Mais à ce jour jamais, puisque Delors ne s’est pas élancé alors qu’Henri Emmanuelli en personne - qui n’est pourtant pas de sa chapelle - lui tendait à l’époque la main, à ce jour jamais encore la deuxième gauche n’a conquis l’Elysée.
Et François Hollande en 2012, dira-t-on? Ce qui est vrai, c’est que Hollande – qui a cheminé au PS sous l’étiquette des "transcourants" - appartient idéologiquement à la deuxième gauche. Seulement voilà : héritant miraculeusement en 2011 du fauteuil de candidat après le suicide politique de Dominique Strauss-Kahn, il s’est avancé en 2012 masqué, jouant (ou tentant de jouer) l’homme synthèse entre les deux gauches que Valls présente aujourd’hui comme "irréconciliables". Et proclamant au Bourget, on s’en souvient, que son ennemi, c’était… la finance.
La "deuxième gauche", ça veut dire quoi? Cela veut dire une gauche sans surmoi marxiste, ardemment pro-européenne, qui croit plus au contrat qu’à l’Etat, qui s’affiche depuis toujours social-démocrate et même réformiste, qui n’a pas peur des "majorités d’idées", qui prend en compte la société civile et qui, au total du total, préfère le progressisme au socialisme.
Et c’est là qu'on retrouve et Delors et Hollande.
En 1995, Delors aurait pu : il n’a pas voulu.
Aujourd’hui Hollande – décidé envers et contre tout à se battre et qui le prouvera en participant, le 14 avril sur France 2, à un "Face aux Français" - le veut, mais le pourra-t-il?
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