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(3/4) sretaw krad

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(3/4) sretaw krad

C
cinevore Blake

11 Views • Jan 02, 2015

Description

Le film a le mérite de jouir d’une très grande beauté plastique. L’ambiance, très sombre et humide, y est gothique à souhait. Baino a su, avec brio, mélanger différentes influences dont l’expressionnisme allemand (autrefois représenté par le Cabinet du docteur Caligari de Robert Wiene, 1919, ou Nosferatu de Friedrich W. Murnau, 1922), et le giallo (genre italien, entre policier, épouvante et érotisme, mené par Dario Argento – Suspiria, 1977 – et Mario Bava – Six femmes pour l’assassin, 1964 – notamment). Cela nous donne des jeux d’acteur extravagants, et un climat surnaturel aux symboles visuels foisonnants et très marquants (une procession de croix enflammées, un banc de poissons morts échoués sur une plage…). Dark Waters a tout du cauchemar pénétrant dont l’horreur s’immisce doucement dans l’esprit, ce cauchemar proche du rêve envoûtant duquel on ne voudrait se réveiller que lorsqu’il est déjà trop tard.

Cette horreur, parlons-en ! Par son scénario lovecraftien, Dark Waters surprend. Le monstrueux marque l’acmé de l’ambiance surnaturelle, on monte crescendo en intensité, et nous voici face à une scène finale des plus exquises. Le rythme, jusqu’alors dosé avec parcimonie pour insuffler suffisamment de suspense, s’accélère subitement, et le scénario s’enfonce violemment dans les méandres les plus obscures du paranormal. L’horreur joue avec l’imagination du spectateur et prétend même la transcender pour figurer l’innommable, l’impensable. Sa représentation est d’ailleurs à peine visible (on s’attarde sur quelques plans de la gueule tout de même, mais on se contente d’abord de l’apercevoir à travers un trou), cachée derrière un mur, comme pour figurer une peur inconsciente qui jaillit brutalement. Les moyens mis en œuvre ne sont pas faramineux. Pas de traitement numérique, mais des effets spéciaux pourtant convaincants (malgré un superviseur ayant abandonné son job avant la fin du tournage). Cependant rien de vraiment extraordinaire sur le plan spectaculaire. On sent bien que tout est dans la mise en scène, dans le plan, ce qu’il montre et ce qu’il relègue au hors-champ. Le dosage est juste parfait pour être concluant. Le meurtre en début de film, avec une eau ruisselante qui devient du sang, témoigne de l’ingéniosité de la réalisation.