ReePrime
1939 Algérie  version 2

Hosted by Dailymotion. For legal issues report at the Copyright Center, report us on DMC, or use the Instant Removal tool.

1939 Algérie version 2

M
michelbaudry

5 Views • Apr 10, 2013

Description

Mon prédécesseur. « Tu es de Clisson? Je viens de recevoir une lettre de ma mère qui m'apprend qu'il y a un Baudry de Clisson ici, c'est toi? » . C'est ainsi que je fis connaissance avec celui que j'avais remplacé au bureau du trésorier. Lui, il était de la paroisse de la Trinité, et moi, de celle de Notre-Dame, c'est pourquoi nous ne nous étions jamais rencontrés. Il s'agissait de Jean Mandin, le frère aîné de ma future épouse. C'est donc Constantine qui fut le point de départ de mon mariage.
Il me montrait des photos de sa famille. Il perdit son père dans ces jours-là. Sur les photos, je vis aussi sa soeur, âgée de 17 ans, et dont l'aspect ne me déplut pas.
Au cours du Printemps 1939, eut lieu le Congrès Eucharistique d'Alger. Léon Boullault y est venu, et aussi nos amis Emile Fromageau et son épouse, avec sa belle-mère. A Alger, ils louèrent un taxi pour faire des excursions, et c'est ainsi qu'ils vinrent à Constantine, et me proposèrent de les accompagner. Je demandais une permission à mon Commandant, puis je les rejoignais à Biskra. Nous avons vu ensemble les portes du Sahara, et, par une piste bordée d'alfa, nous atteignîmes Bou-Saada. Là, tout le monde monte à dos de chameau. Puis je les accompagnai à Alger. Là, je retrouvai mes copains Erhart et de Rochefort, mais je dus les quitter bientôt pour rejoindre Constantine. Au mois d'août 1939, j'ai eu droit à un mois de permission. J'embarquais à Philippeville, puis Marseille, et Clisson. Là, je me rendis chez Madame Mandin, pour lui donner des nouvelles de son fils, Jean. Je rencontrais aussi sa jeune soeur, qui était là, assise dans sa position favorite qu'elle conservera très longtemps, les jambes repliées sous elle. C'était Marguerite.
En janvier 1940, j'ai à nouveau eu droit à une permission de trente jours. Et me voilà encore à faire le trajet : Philippeville, Marseille. Mais nous étions en guerre. Je devais passer par Paris. Je me souviens que, ce mois de janvier, la température était descendue à moins 20°
.
Les allemands envahirent la France. Il y eut la ligne de démarcation. C'est ainsi qu'on nous annonça la démobilisation. Au bureau du Trésorier, je procédais aux formalités de retour dans leurs foyers de tous les musulmans du Constantinois.
Le 15 août 1939, j'embarquai à Philippeville pour le retour définitif. Notre bateau était escorté par des sous-marins pour nous protéger. A Marseille, il fallut attendre bien longtemps avant de repartir à la maison. J'ai dû rester un long mois. Nous étions logé dans le sous-sol du Parc des Sports, ensuite, un copain, qui était acteur au théâtre de Marseille, me trouva une chambre. Il fallait vivre avec les 500 francs de prime de démobilisation que nous venions de toucher. Enfin, un train partit pour Nantes. Du côté de Marmande, nous avons traversé la ligne de démarcation. Pour la première fois, je vis des soldats allemands. De Clisson , je rejoignis Saint Denis. Cette année-là, mon père resta à Clisson, tenir la pharmacie.